L'art de la joie
On m'en a tellement parlé de ce bouquin, que je l'ai pisté à la bib, et j'ai fini par mettre le grapin dessus juste pour mes vacances.
Je me suis dit " génial, pour une telle oeuvre, il faut le temps de savourer..."
Ben en fait, c'était pas
Pour vous la faire courte, il s'agit de l'histoire de Modesta, sicilienne née en 1900, qui est recueillie par des bonnes soeurs à la mort de sa mère et de sa soeur mongolienne, mort à laquelle elle n'est pas étrangère. Après des années passées dans un couvent qui semble ne pas convenir à sa nature plutôt rebelle, elle est adoptée par une riche famille au sein de laquelle, devenue une sorte de matriarche, elle passera le restant de sa vie.
On découvre une gamine précoce, déterminée et sans scrupule, n'hésitant pas à tuer pour parvenir à ses fins. Devenue une femme volontaire et libre, elle mène sa vie comme bon lui semble autour de ses amours masculines et féminines. Son histoire s'ancre dans l'Italie du XXème à travers la montée du fascisme, la deuxième guerre mondiale, le retour à la paix...
J'ai parfois eu du mal à me retrouver dans tous les personnages de la tribu, car aucun n'a les mêmes parents, et le style de narration ne facilite pas toujours la compréhension… On passe de la troisième à la première personne du singulier et il faut parfois s'accrocher… S'il est évident que le personnage est atypique et en décalage avec son temps, ça en devient parfois incohérent et je n'ai pas été transcendée ni par le récit ni par l'ambiance, bref… j'ai envie de dire "tout ça pour ça…"
Edit du 07/02/2008 : Sylvie a adoré et vient de mettre une belle critique en ligne, avec extrait et pas mal de liens qui causent aussi de ce bouquin.
Je connais pas mal de monde qui avait ADORE (dont Hubert Nyssen, par exemple, il raconte dans ses carnets qu'il avait commis l'acte sacrilège de découper en 3 parties le bouquin, pour pouvoir le lire au lit, il l'a rassemblé après :-D), mais quand j'ai demandé son avis à ma libraire (enfin, à une de mes libraires), elle m'a dit qu'elle n'avait jamais pu dépasser les 200 pages, et qu'à son avis les critiques qui se sont enthousiasmés pour ce roman n'ont lu que le début.... haem. Bref, pas pressée de le lire.
Bouououhhhh ! Que je suis déçue : tout le monde m'en a fait des critiques dithyrambiques et je l'attends à ma biblio depuis des mois et tu me dis que ça n'en vaut pas la peine ?
Dire que j'étais à deux doigts d'investir 25 € parce que j'en pouvais plus t'attendre ! Je vais m'abstenir....De toute façon mon tour d'attente à la biblio approche : j'en aurai bientôt le coeur net !
Comme il était dispo à la biblio d'Annecy , Boris a bien voulu sacrifier un livre de son quota pour me faire plaisir.
Comme tu l'avais quand vous êtes venus,je l'avais feuilleté et le début m'avait bien plu, enfin de compte j'en suis restée aussi aux 200 premières pages, puis basta, d'autres livres m'attendent dans les caisses de la décharge.
Les goûts et les couleurs :-)
J'ai lu ce livre l'an dernier en Italie et il restera pour toujours un des mes livres favoris. Cette saga familiale racontée du point de vue de la matriarche nous présente la naissance du féminisme italien et des socialismes italiens de l'intérieur avec beaucoup de justesse. Les personnages sont tous très beaux et attachants, même les personnages secondaires sont géniaux. Et du point de vue de l'histoire, comment ne pas être touché/e par cette femme qui vit ses histoires d'amour, quelles qu'elles soient, en choisissant juste d'être heureuse et qui nous montre que vieillir est une chose merveilleuse ?
Goliarda, qu'est-ce que j'aurais aimé te rencontrer !
Ali
je viens de rédiger un post qui dit tout le plaisir que j'ai eu à lire et à découvrir ce livre.
Son personnage central féminin est complexe, et plein de paradoxes, mais c'est un super héro féminin qui tient bon contre vents et marées, dans sa quête émancipatrice. J'ai adoré ça, je pense qu'il est plein d'énergie et que c'est une lecture qui peut donner des ailes. C'est vrai que sa force semble incroyable et que son histoire est trop belle pour être vraie, mais c'est une histoire rêvée, et en littérature, tout est possible. Elle porte haut son idéal de liberté, et arrive à s'affranchir de tant de déterminismes pesants qu'elle réussit à déjouer les uns après les autres, qu'elle force l'admiration.
Salut Sylvie, merci de ton passage, je viens d'aller voir ta critique, qui est très chouette! Je mets le lien dans le post, à bientôt