Les braves gens ne courent pas les rues
Au cas où vous auriez un doute sur la nature humaine, l'auteur se charge de remettre les pendules à l'heure, et de prouver - si besoin était - que l'homme est une créature peu respectable.
Loin des grandes fresques barbares, de l'horreur de la guerre et des atrocités exigées par les conflits armés où l'obéissance aux ordres devrait excuser l'impardonnable, O'Connor dépeint l'Amérique rurale du XXe.
Les paysages bucoliques et les couchers de soleil sur fleuve tranchent avec les tableaux de cruauté ordinaire, de lâcheté domestique ou de trahisons quotidiennes que nous révèlent par petites touches les nouvelles de ce recueil.
L'auteur ne fustige ni ne juge, elle raconte, presque tendrement parfois. Les turpitudes humaines sont narrées sans complaisance, mais sans volonté de dénonciation, sans moralisme. Le portait de l'Homme est brossé avec des mots simples, avec des anecdotes dont on pourrait parfois rire si on ne savait pas que la chute sera inévitablement tragique.
L'explication du comportement abject des individus durant les périodes troublées réside peut-être tout bêtement dans leurs actes quotidiens… Pour protéger leurs maigres avoirs, leur réputation, assouvir leurs vices, les gens de la vraie vie, les gens de tous les jours sont capables des pires bassesses et d'infamies inavouables… Et ce sont nos voisins, nos collègues, nos proches… nous!
Et puis en sus de ceux qui commettent ces turpitudes, il y a l'immensité de ceux qui regardent sans rien dire…
Un chouette recueil, même si quelques nouvelles n'ont pas réellement de chute, et sont plutôt des portraits.
Fleurs bleues et amateurs de culcul la praline, s'abstenir.
Oui, un chouette recueil vraiment…Des histoires cyniques, féroces et désabusées comme on les aime ! Du grand art, si j’étais un brin provocateur je dirais que c’est du Faulkner féminin ! Non : lisez O’Connor, cette femme est tout à fait étonnante de lucidité et de désenchantement…
Et décidément, ce blog me plait bien :
-Pour la pertinence du propos
-Pour l’impertinence du propos (amis cuculs la praline, bonjour…)
-Pour ses dérapages doux et discrets comme de la soie (whoops !… j’ai dû m’égarer au rayon lingerie ! )
mais après tout, il faut avoir plus d’une corde à son arc, ah ! ah ! elle est facile…
-Pour son indépendance vis à vis des sorties " commerciales " du moment
Bref, on souhaite que ça dure…Et merci à So (lange, briquet, ou liste ?)
"Comme je n'aime ni les fleurs, ni les pralines... je fonce!