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Que trouve-t-on ici? Mon subjectif avis sur les livres qui m'emballent, me font rire, me dépriment ou m'agacent... et aussi des incongruités, lignes ou mots curieux en forme de pieds de nez. S'ils me font rire, j'ai envie de vous les montrer, tant mieux si vous partagez ma réaction...
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La deuxième épouse
Une écrivain (désolée mais écrivaine, je peux pas) née en Tunisie et qui vit à Paris nous propose un roman à cheval sur les cultures maghrébine et française.
Le début du livre m’a vraiment emballée : 3 femmes se découvrent concubines les unes des autres à la mort de Sadek, le mari polygame. L’une d’entre elles, Rosa, fait une fait une tentative de suicide et sombre dans un coma profond.
Farida, romancière, a vent de cette histoire par la presse et décide d’aller voir Rosa à l’hôpital, de lui parler pour la ramener d’entre les morts-vivants.
Chaque femme prend la parole tour à tour et nous conte son histoire, ses réactions à la découverte de cette situation surréaliste.
Malheureusement, je trouve que ça s’essouffle un peu, sans doute à cause de la part trop importante de Farida au détriment des autres femmes : c’est elle qui cause presque tout le temps et c’est dommage.
À travers l’expérience de ses femmes qui ont toutes un lien, une origine, des souvenirs liés au Maghreb, Fawzia Zouari – outre la polygamie – aborde de nombreux thèmes : l’intégration, les relation parent-enfant, l’exil, etc.
Malgré un enthousiasme décroissant de ma part, j’ai dévoré ce roman et ai trouvé beaucoup de charme et de fraîcheur au style de l’auteur. À suivre…
Extrait :
« J’ai rencontré Sadek sur le perron du Palais de justice. Et, comme par hasard, c’était le jour où je décrochais mon titre de magistrate. Je sortais de la cérémonie où je venais de comparaître devant un jury en grand apparat. Autant dire le moment le plus important de ma vie. J’avais tenu à être accompagnée de mes parents.
Par la même occasion, d’autres collègues étaient venues, flanquées de leur famille. La France de souche, fièrement enracinée, entourait sa progéniture. Il y avait des dames en tailleur Chanel et chignon blond, de vieux messieurs en complet souligné de discrètes décorations. Mes parents dénotaient bien sûr. Maman tentait tant bien que mal de cacher sous son foulard les tatouages dessinés sur son front. Elle ne détachait pas ses yeux d’une fourrure finissant par une tête de renard sur le col d’une élégante. De stupeur sans doute : comment peut-on exhiber à sa gorge la gueule d’un animal mort ?
J’observais surtout mon père. Il se tenait droit, juste sous l’immense lustre du plafond. On eût dit une couronne qui ceignait sa tête. Pour une fois, il me semblait déceler une lumière dans ses yeux. Pour une fois, il voyait, et son regard n’était pas éteint. C’est peut-être ça, exister vraiment, dignement. Un mois plus tard, il décédait. J’ai pensé : il ne s’en est pas allé les mains vides. Il comparaîtra en brandissant le trophée de sa fille aînée devenue magistrate devant les Algériens du FLN, les fellagas, les martyrs de la révolution, les pieds-noirs, les ex de la Main rouge, les partisans de la colonisation, les « porteurs de valise », bref toute la galerie de personnages qui joua durant un siècle le drame de l’Algérie française. »


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