Il faut qu’on parle de Kevin

Sur les conseils de lecture de Turquoise, j’ai opté pour ce roman épistolaire au vitriol inspiré du carnage de Columbine.
 
Eva vit avec Franklin, et à 37 ans, par amour pour son homme, elle accepte de mettre son job de globe-trotter en parenthèse et se lance dans la fabrication d’un héritier, bien que procréer n’ait jamais fait partie de ses priorités.
16 ans plus tard, Kevin bute 9 personnes de son lycée.
 
Dans une tentative d’automédication, Eva entreprend un récit de ces 16 années dans les lettres qu’elle adresse au père de Kevin, dont elle est séparée. Eva dévoile ses motivations d’avoir un enfant, ses appréhensions, ses frustrations aussi face à un mari devenu censeur (ne bois pas d’alcool, ne fais pas d’effort violent…) et surtout son désarroi à la rencontre de son mouflet.  Rapidement, Eva réalise que Kevin semble tenir plus de Damien - le rejeton satanique de La Malédiction - que du fils naturel de la Schtroumpfette et d’un bisounours.
 
Dès sa naissance, Kevin se fait un devoir de pourrir la vie de sa mère : il se détourne de son sein nourricier, passe ses journées à hurler, refuse d’aller aux toilettes jusqu’à 6 ans… Bref Eva ne sait plus à quel saint se vouer pour élever Kevin, ne trouve pas l’appui nécessaire auprès de Franklin et s’interroge sur sa propre responsabilité dans cette relation plus que conflictuelle, qui débouchera sur le fameux JEUDI.
 
Pour être franche, je n’ai pas pu aller au bout du récit : l’incident du destop a suffi à susciter une telle nausée que je n’ai pas pu aller plus loin… Je me suis donc arrêtée à la page 362 sur 486.
 
Autant les explications que fournit Eva quant à sa maternité ratée m’ont semblé réelles, compréhensibles et honnêtes, autant j’ai eu du mal à accepter que Kevin soit réellement aussi nuisible et méchant que Chucky la poupée tueuse !! Le dernier épisode sur lequel je suis restée m’a paru comme carrément grandguignolesque, too much, même pour ce pays qui fait tout en taille XXL.
En plus, je n’ai pas compris si vraiment le bouquin était une fiction, de quelle base était partie Lionel Shriver pour l’écrire, et j'ai du chercher un moment sur Internet avant de trouver une interview sur un site canadien dans laquelle Shriver explique que le bouquin est issu d'une recherche perso assise sur des rapports de policiers, psys, travailleurs sociaux. Elle (oui, parce que ne vous y trompez pas, Lionel est une femme) annonce avoir voulu raconter une histoire "plausible", et j'ai justement des doutes quant à ce point... 
 
Je suis mal à l’aise avec le fait de ne pas avoir fini le bouquin, et j’ai du mal à porter un avis sur cette lecture. Pous vous aider (ou pas) à vous décider à le lire, allez faire un tour chez Papillon, qui émet un avis un peu similaire au mien, ou alors chez Wrath, qui a adoré.
Chez Wrath justement, j'ai lu que l'auteur après avoir écrit son bouquin, avait finalement décidé de ne jamais avoir d'enfant. Sous couvert de causer de la société américaine et de ses défauts ce récit ne serait-il pas aussi et surtout l'expression de ses démons personnels?
 

Maintenant qu'il fait partie de ma PAL je verrais bien, mais pas tout de suite !



J'ai beaucoup aimé ce livre qui me reste en mémoire et m'a marquée.



Pour ma part j'ai adoré ce livre, certe il est très dur, mais tellement prenant, original par le contenu de ces lettres écrites chaque jour...et bien écrit aussi je trouve. ah !!! la fin ! elle vous scotche.
En tout cas depuis "il faut qu'on parle de kévin" moi je n'ai pas relu un livre aussi fort, me laissant avec autant de sentiments......



Hélas, je n'ai pas eu le cran d'aller jusqu'à la fin. Je regrette un peu, mais j'étais trop mal quand je me suis arrêtée ;-)


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