La chaussure sur le toit

 
Une chaussure sur un toit, c'est bizarre. Énervant pour certains, triste pour d'autres ou encore le symbole d'une soirée passée à se bourrer la gueule au punch, et pourquoi pas une œuvre d'art?
 
Neuf chapitres et un épilogue, neuf et une explications de la présence de cette chaussure incongrue, mais pas seulement parce les histoires se recoupent parfois, s'entrecroisent, se développent en parallèle.
Une construction inhabituelle, mais vraiment très plaisante, avec des clins d'œil fréquents, des chats et des chiens qui se baladent nonchalamment d'un parcours à l'autre, des personnages qui se rencontrent ou pas, qui se frôlent ou vivent côte à côte sans rien connaître de leurs voisins : la vraie vie, quoi!!
Et l'auteur ne s'arrête pas à ce mélange horizontal, mais interpelle aussi le lecteur avec des allusions à ce livre… qui parlerait d'une chaussure sur un toit et qui donnerait toutes les explications de son existence. Un peu comme quand vous vous regardez dans un miroir, et que vous en avez un autre derrière vous : le reflet se multiplie à l'infini.
 
Bon, je suis d'une inculture crasse et la philo n'a jamais été ma tasse de thé (la preuve, je n'ai pas dépassé le chapitre 3 du Monde de Sophie, c'est vous dire comme je suis réfractaire au genre) alors je confesse que les deux passages philosophiques m'ont un peu ennuyée, vu que je pigeais que dalle, et qu'en plus je me sentais nulle. Cette dangereuse spirale de la médiocrité a failli avoir raison de moi : bon sang, je ne comprends rien, je saute ce passage ; argh, mais alors je me résigne par là même à ne jamais progresser, je ne saurai jamais rien, je resterai toujours nulle, etc.
Mais franchement, était-il bien nécessaire de dresser une sorte de liste à la Prévert des philosophes découverts par le présentateur télé? Est-ce qu'on ne tombe pas un peu dans le snobisme et la prétention qu'on a reprochés à Muriel Barbery et son hérisson? Hein? Je me demande.
 
Bref, tout ceci n'empêche pas – au contraire sans doute, pour ceusses qui ont des lettres – une lecture fort agréable, où on se sent presque un personnage à part entière du bouquin. J'ai a-do-ré l'épilogue et la note de bas de page, qui reprend presque mot pour mot ce que je me disais en lisant les dernières lignes, et qui clôt le récit par un pied nez.
 
Je me pose deux questions quand même : comment le cambrioleur peut-il croiser l'unijambiste, qui est – d'après ce que j'ai compris – coincé sur le toit?
Et aussi, pourquoi le collectionneur d'insectes n'ouvre finalement pas la porte au présentateur télé? Mystère et boule de gomme!
 
Côté +, Le choix des libraires vous propose une revue de presse élogieuse sur le bouquin, et j'ai fini par trouver des bloggueurs qui ont adoré : Lou et Eric
 
Côté -, Cuné n'a pas été emballée, et Michel n'a carrément rien compris à la fin, il se dit très déçu (d'ailleurs, je ne suis pas d'accord avec lui, pour ma part, il ne s'agit pas d'un recueil de nouvelles mais bien d'un roman)!
 

Le roman dans la poubelle...
Je plaisante, je ne l'ai jamais fait.

Mais là j'aurais pu



Rhoo, quand même, il y en a pléthore qui méritent largement plus la poubelle!! Non? ;-))



Malgré ton article enthousiasmant, je ne suis toujours pas tentée par ce roman !! :-(



Hélas, je ne peux convaincre à chaque fois ;-))A l'occasion, essaie de le trouver en bib, juste pour voir



Tiens, j'avais noté le nom de ce bouquin suite à un article paru dans "Le service littéraire". Visiblement, les avis sont mitigés ! Rien que pour la forme particulière que tu évoques, je tenterai sûrement de me le procurer ;-)



Ravie de voir que tu es partante. Si tu me communiques ton adresse par mail, je peux même te le prêter! ;oD



Trop coooool, je te la communique de ce pas, merci So !


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