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Que trouve-t-on ici? Mon subjectif avis sur les livres qui m'emballent, me font rire, me dépriment ou m'agacent... et aussi des incongruités, lignes ou mots curieux en forme de pieds de nez. S'ils me font rire, j'ai envie de vous les montrer, tant mieux si vous partagez ma réaction...
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Ils sont votre épouvante et vous êtes leur crainte

Ce curieux titre est un alexandrin tiré de l'œuvre de Victor Hugo, à propos des communards. En guise d'insurrection, Jonquet nous entraine au cœur d'émeutes de la banlieue parisienne, et ce juste avant que n'éclatent celles de novembre 2005.
Mais l'immersion n'est pas aussi brutale qu'un titre du JT de 20h. Elle est insidieuse, sournoise, et commence par une rentrée des classes à Certigny (93), un événement a priori plutôt banal.
Anna est un peu émue : il s'agit de sa première rentrée, et affectée dans un lycée difficile, elle redoute le baptême du feu. En revanche, Lakdar, un élève particulièrement doué, espère tout de l'avenir et notamment une opération qui lui rendrait l'usage de sa main, devenue incapable de tenir un crayon alors que le dessin est sa seule passion.
Le substitut du procureur Richard Verdier, lui, a pour mission de conserver un calme relatif à Certigny, tenue au nord par les frères Lakdaoui (shit, esquimaux, boissons fraîches), à l'est par Boubakar le Magnifique (gazelles du bois de Vincennes et des Maréchaux) et à l'ouest par des imams plutôt sourcilleux sur l'application du Coran. La tranquillité apparente se fissure toutefois lorsque la pizzeria des Lakdaoui explose un soir.
Anna, Lakdar et d'autres vont se retrouver au cœur de la tourmente, acteurs d'une pièce dont les enjeux les dépassent d'une bonne tête. Jonquet ballotte ses personnages qui ne sont finalement que des symboles : la prof juive confrontée aux difficultés de l'Educ Nat dans les quartiers sensibles, le petit beur hypnotisé par le chant de sirènes dangereuses, le flic un peu dépassé par les événements et paralysé par les lourdeurs administratives, et les voyous confits dans leur rôle, qui de proxénète, de trafiquant ou de terroriste. Chacun semble désespérément coincé dans la case que le destin lui a octroyée comme une malédiction indéfectible.
Difficile de lâcher ce roman noir, qui monte en puissance tout au long du récit car on sent venir l'épilogue comme l'aboutissement de tellement de misère, de tension, de pressions, de colère et de frustration qu'on est presque soulagé d'en finir. Jonquet sait ménager ses effets et son expérience du polar / roman noir se ressent.
Mais Jonquet pèche cette fois un peu par excès : on trouve beaucoup de choses, de nombreux thèmes de société sont abordés et on ne sait plus où donner de la tête. Certes les problèmes évoqués sont imbriqués les uns dans les autres et il est difficile de parler délinquance ou prosélystisme sans y accoler l'éducation, de dissocier le terrorisme religieux international de ses racines locales. La société est complexe, ses problématiques aussi, et les solutions simplistes ne font pas recette.
Mais bon, au milieu de cet imbroglio déjà carabiné, le personnage du disjoncté Adrien et ses délires schizophrènes étaient-ils vraiment indispensables?
Chez Pol'art Noir, on a apprécié le savoir faire de l'auteur, Passion du livre nous propose une revue de presse et un court résumé plutôt positif alors que A l'ombre du polar épingle "la caricature", et constate un "double échec" : un flop littéraire et une interrogation sur l'objectif de ce livre.
A vous de voir!!
difficile de trancher : j'ai envie, j'ai pas envie.
Est-il trop facile de s'inspirer de faits réels et se servir de clichés ?
Il est en poche ?
Voui Mdame, il est en poche. Je ne crois pas que Jonquet ait cédé à la facilité, je crois qu'il a vu un peu gros dans son désir de globalité de la problématique sans pour autant y consacrer 900 pages, alors peut-être que les raccourcis donnent sur des clichés, que sais-je?
Je ne me lasserai jamais des critiques "qui s'interrogent sur l'objectif d'un livre". Dieu vous en préserve !
C'est vrai, quoi : nous les auteurs, on se met bêtement à écrire des livres, parfois même des polars, en oubliant de définir préalablement les objectifs de la chose. Où va-t-on, avec de telles négligences !
En tout cas, merci d'en avoir parlé sans vous poser d'aussi dramatiques questions.
Je suis d'accord, cette phrase est un peu bizarre, comme si tous les bouquins avaient un objectif. L'auteur de la critique voulait-il simplement dire qu'il ne voyait pas où Jonquet voulait en venir : tirer une sonnette d'alarme, simplement brosser le portrait d'une bout de la société, ou encore produire un roman noir?
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