Les 4 fils du Docteur March

J'ai emporté ce bouquin au boulot, me disant : les 30 secondes que va mettre l'ascenseur pour atteindre le treizième étage sont trop précieuses pour que je les gâche à rectifier ma coiffure devant le miroir, il faut que je continue ma lecture.
Et ça faisait longtemps que je n'avais pas ressenti une telle dépendance… Quel bonheur!!
 
Pourtant, ça rigole pas dans la bicoque du Dr March. Si les quatre greluches confites dans la niaiserie auquel le titre fait référence ressemblaient à Laura Ingalls, le quatuor masculin tient plus de Freddy Krueger ou de Chucky.
Du moins c'est ce dont se persuade Jeanie, leur bonne, tombée par hasard sur un journal intime anonyme qui décrit par le menu d'atroces meurtres, et dont l'auteur se prétend un membre de la fratrie. Le pervers devine rapidement que sa prose est lue, et s'adresse donc à son espion avec toute la rouerie dont il est capable, lui indiquant à l'avance les victimes. De son côté, Jeanie, pas super futée et souvent alcoolisée au dernier degré, rédige son propre journal, à qui elle confie ses tentatives de démasquer le maboule, la terreur de vivre à ses côtés, et les multiples godets de brandy qu'elle s'administre pour combattre à la fois panique et froidure.
 
Ici, point de fioritures, pas le temps de planter le décor et de se perdre dans les détails. Loin des interminables intros où l'on apprend que l'inspecteur n'aime plus voir le soleil se coucher depuis que sa femme l'a quitté ; le lecteur plonge dès la première ligne, est harponné et ne peut plus se soustraire à l'envie frénétique, à l'urgence d'arriver au dénouement.
Au-delà de la question centrale de tout polar (mais qui est le méchant tueur?), le jeu du chat et de la souris, par le biais des journaux qui se répondent, contribue à installer un suspens terrible, entretenu par un rythme incroyable. La promiscuité dans laquelle vivent les deux personnages centraux ajoute une dimension au malaise et l'air nous manquerait presque à l'idée qu'ils se croisent dans les couloirs…
 
Le final est de la même veine, rapide, violent et brutal. Peut-être un poil trop, mais c'est vraiment pour trouver un petit défaut à ce roman original et addictif.

Waw, superbe commentaire ! J'avais déjà repéré ce titre en librairie, il me semblait en effet très bien mais j'avoue que je suis toujours un peu réticente avec les auteurs francophones. Mais là, je vais quand même l'essayer ! ;-)
Bravo pour votre blog ! Je viens régulièrement le visiter, car j'adore votre ton incisif. Continuez !




C'est gentil ça, merci Barbe. J'espère que le bouquin vous plaira ;-)



J'en avais entendu parler mais je ne l'avais jamais noté, probablement parce que le premier commentaire que j'en ai entendu était vraiment, mais vraiment négatif. Mais après ton billet, je ne peux qu'être curieuse... je sens que je vais sortir le petit carnet!!!




Pour te dire, je l'ai même refilé à mon homme, pourtant pas un lecteur convaincu, et à qui je ne file que des bouquins très accrocheurs!! C'est la force de ce livre : dès la deuxième ligne on est dedans.



J'aime bien quand un livre devient un bretzel à grignoter sanc cesse, sans pouvoir s'arrêter. Malgré nous. J'adore les bretzels.




C'EST EXACTEMENT CA : un pot de bretzels!! La comparaison est tout à fait excellente. Les chapitres très courts et l'alternance des points de vue donnent ce rythme très particulier, staccato, comme les crounch crounch des bretzels qu'on dévore!!



Je n'ai pas lu ce roman de Brigitte Aubert mais plusieurs autres, dont Funerarium, le premier que j'ai lu et qui m'a le plus marqué. J'adore!
Alors celui-ci, il faudrait que je le lise aussi.




C'est le premier que je lis, et j'ai trouvé le scénario vraiment sympa, plus que le style à vrai dire ;-) J'ai lu qu'elle bossait beaucoup pour le cinoche, et ça ne m'étonne pas du tout, on sent que l'entretien du suspens est une clé du bouquin. Dès que j'en trouve un autre, je resigne!!



Le titre est fort accrocheur, le commentaire pourrait faire basculer cet ouvrage vers ma LAL! Merci du tuyau.




A mon avis, le titre est plutôt là pour appâter le chaland, et je n'ai pas bien vu le rapport avec les 4 soeurs éponymes. Ceci dit, je l'ai lu quand j'avais 12 ans je pense, donc des subtilités m'ont sans doute échappé.


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