L'obligation du sentiment
Martin (et non pas Mathilde, héhé) est revenu.
Louis et Jeanne Maisne, planqués dans leur belle maison, à l'abris précaire de leurs situations professionnelle et personnelle irréprochables, de leur "notabilité", Louis et Jeanne ont les chocottes.
Cela fait pourtant 10 ans que Martin a claqué la porte de la maison familiale, 10 ans qu'ils avaient la paix.
Mais au courrier du jour, une lettre de Martin, leur fils, qui veut leur parler, donc un sale moment en perspective, et surtout, une question : que veut-il?
Exorciser le passé? Régler ses comptes? Leur cracher sa bile?
Évidemment, on lit le bouquin parce qu'on veut savoir ce qui s'est passé, on veut connaître le drame qui a déchiré cette famille. On est face à un genre de polar, alors on avance, pressentant les faits peu à peu mais ne se satisfaisant que lorsqu'on lit l'horreur noir sur blanc.
Au delà de cette curiosité un peu malsaine, le bouquin me laisse un sentiment bizarre, comme si cette histoire était factice. Y a un truc qui cloche, qui me chagrine et le tout me laisse un peu une impression de carton-pâte. Les personnages sont à la fois trop lisses, trop pervers et manquent de sang et de chair. Martin est trop absent du texte alors que c'est finalement son histoire qu'on parcourt. Sur le fond, cette histoire est bancale, peu crédible, comme si on l'avait inventée de toutes pièces ou qu'au contraire ce soit du vécu qu'on ait voulu aseptiser...
Une déception, un livre désincarné!!
Ah, alors cette fois, je ne suis pas d'accord avec toi ;)
Je ne pense pas du tout que les personnages soient trop lisses. Bien au contraire, on ne sait pas très bien lequel est le plus pervers de tous. Une fois tous les éléments en main, on ne peut dire lequel est le plus "moralement condamnable" des trois. C'est là la grande force de ce roman.
Tu as raison, ils sont tous très pervers. Mais je reste vraiment avec une impression de fausseté par rapport à cette histoire, qui est difficile à expliquer ;-)
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