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Que trouve-t-on ici? Mon subjectif avis sur les livres qui m'emballent, me font rire, me dépriment ou m'agacent... et aussi des incongruités, lignes ou mots curieux en forme de pieds de nez. S'ils me font rire, j'ai envie de vous les montrer, tant mieux si vous partagez ma réaction...
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La Plage
Si vous n'avez pas prévu de prendre des vacances avant 2012, que vous êtes trop fauchés pour aller plus loin que le camping du Ragondin Frisé à Rouperoux le Coquet, venez vous réchauffer au soleil de la Plage...
Il ne vous aura pas échappé qu'il s'agit également du titre d'un film avec, entre autres, Léo Di Caprio et Virginie Ledoyen. Ca tombe bien, puisque ce roman est à l'origine du long métrage et pas l'inverse.
Comme dans le film, vous débarquerez avec Richard, Etienne et Françoise sur une île sauvage occupée par une tribu de routards qui considère avoir trouvé le paradis et qui tient en toute logique à ce que cette plage reste confidentielle.
Hélas, un tel secret est bien fragile et les tentatives d'intrusion ajoutées aux drames internes vont mettre à rude épreuve l'harmonie du clan...

Ce bouquin peut s'envisager comme une réponse aux questions suivantes :
"Peut-on ne vivre que de pêche et d'eau fraîche en fumant de gros joints dans un endroit, aussi paradisiaque soit-il, sans finir par se faire super chier?"
"En avoir marre ne signifierait-y pas qu'on grandit dans sa tête?"
"L'homme est-il un loup pour l'homme?"
Lisez-le si vous avez toujours eu envie de faire le tour du monde en stop, ou si vous venez de retrouver votre vieille paire de Birkenstock.
Laissez tomber si vous avez vu le film la semaine dernière, ou si vous n'avez jamais pensé faire autre chose que courtier à Wall Street ou DJ à Marbella.
Grain de sable n° 1 :
"Il y avait aussi un rituel. Cela ne se produisait pas toutes les nuits, mais souvent, et, à chaque fois, ça me faisait sourire.
L'origine de ce rituel, c'était la série télévisée des Walton. A la fin de chaque épisode on voyait la maison des Walton et on les entendait se souhaiter bonne nuit les uns aux autres.
Dans la longue case, voilà comment ça se passait : juste au moment où les gens commençaient à s'endormir, une voix endormie disait dans l'obscurité "Nuit les petits". C'était suivi d'un bref silence et chacun attendait qui allait continuer. Au bout d'un moment, quelqu'un disait "Nuit Frankie", ou Sal ou Gregorio, ou Bugs, ou toute personne à qui on pouvait avoir envie de dire bonne nuit. Ensuite, la personne nommée devait souhaiter une bonne nuit à quelqu'un d'autre, et cela faisait le tour de la longue case jusqu'à ce que tout le monde ait entendu son nom.
N'importe qui pouvait commencer le jeu, il n'y avait pas d'ordre particulier dans les noms appelés. Quand il n'en restait que quelques-uns, cela devenait difficile de se rappeler lesquels avaient été mentionnés et qui n'avait pas encore été nommés, mais ça faisait partie du jeu. Si on se gourait, il y avait des exclamations et des soupirs exaspérés jusqu'à ce qu'on rectifie.
Même si, d'une certaine manière, ce rituel était une plaisanterie, d'une autre manière, ce n'en était pas une. On n'oubliait jamais un nom et, dès la première fois, les nôtres furent mentionnés, à Etienne, à Françoise et à moi.
Ce qu'il y avait de mieux, c'est que, quand on entendait son nom, on ne pouvait pas reconnaître la voix. Je trouvais toujours cela réconfortant que quelqu'un à qui je ne m'attendais pas pense à moi. Je m'endormais en me demandant qui cela pouvait bien être et qui je choisirais la fois prochaine."

Grain de sable n° 2 :
"Enfin j'ai pu voir ce qui avait pétrifié tout le monde. Avec Etienne et une tige de bambou comme appui, j'ai pu me relever. Les viêts-côngs n'avaient pas estimé que mon passage à tabac était un avertissement suffisant. Ils nous avaient laissé un petit souvenir, histoire de nous mettre les points sur les i.
Les balles avaient fait des trucs pas trop sympa à nos visiteurs. De gros trous, des crânes défoncés. Tous les corps étaient nus, ce qui suggérait qu'ils avaient été déshabillés avant d'être tués. La rigor mortis leur avait donné de drôles de poses. Sammy était sur le dos, mais il devait être sur le ventre lorsque la raideur l'avait saisi, alors il avait l'air de repousser des mains le poids du ciel. L'Allemande au joli rire et aux cheveux longs était sur le côté. On aurait dit qu'elle demandait un calin."
J'ai lu le livre puis vu le film, j'avais bien aimé les deux, effectivement l'atmosphère du bouquin est beaucoup plus forte que l'adaptation, j'avais passé un bon moment.Dans le même thème, mais traité sous l'angle humoristique, tu as aussi "Vacances Indiennes" de William Sutcliffe.
est-ce que le passage choisi est représentatif du reste du bouquin??? si oui, ça m'a l'air bien gentillet, tout mignon et plein de bons sentiments... un vrai livre de plage quoi
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