La passante du Sans-Souci

 

En fait de témoignage, il s'agit surtout d'un roman dramatique, mais qui aborde une période sombre de l'Histoire, par le biais d'une histoire sombre...

Durant plusieurs jours, à l'aube, le narrateur assis dans un bar, voit passer une femme dans la rue. Elle semble fuir des chasseurs invisibles, il est subjugué par la beauté de son visage effrayé, son allure de bête traquée.

Elsa Wiener, ancienne actrice, a fui l'Allemagne après l'arrestation de son mari par la Gestapo. Elle ne vit que pour le jour de son retour. Réfugiée à Paris, elle tente de survivre et s'occupe d'un enfant juif que les nazis ont rendu infirme. Tout d'abord chanteuse dans les boites de nuit, l'alcool et les drogues l'entrainent peu à peu dans une torpeur morbide, une déchéance qui semble inéluctable.

Vous l'aurez deviné, ce n'est pas sans raison que je n'ai pas mis ce bouquin dans la catégorie "poilade"... Il s'agit d'un conte, poignant et terrifiant, du portrait d'une femme passionnée mais fragile et vulnérable...

Pour ceux qui aiment les personnages entiers, les grands sentiments, les passions hors du commun. Le style de Kessel habille majestueusement cette ambiance terrible de la deuxième guerre mondiale, dans toute sa dimension glauque et malsaine...

Personnellement Kessel n'est pas mon auteur préféré, car je trouve parfois les valeurs de ses héros un peu ridicules et désuètes, pour autant, j'ai une grande admiration pour les mecs capables d'écrire ça :

"Ce samedi, la femme passa devant moi à la même heure environ que les nuits précédentes.

Un petit jour gluant, porteur de brume et de suie, s'annonçait à des signes indéfinissables.

Peut-être dans les autres zones de la ville où la vie suivait une cadence mieux réglée sur la lumière et l'ombre du ciel, percevait-on ce blémissement glacé des avenues et ce frileux silence par lesquels s'épuise la puissance nocturne. Mais au carrefour ou je me tenais, les feux des cafés, les lettres ardentes des enseignes qui mouraient et renaissaient sur les façades des établissements de nuit, les trompes des voitures, le mouvement du peuple de plaisir, défendaient Montmartre contre les premiers pas du matin."

Cependant, je ne vous force quand même pas à partager mon avis ;-D

 


Je pense que tu t'en doutais Kessel est dans le top ten de mes écrivains préférés, on a sûrement tout lu de lui... même ses articles et sa biblio. Si La passante n'entre pas dans la liste des titres que je prendrai - a priori - dans une île déserte je vais vite le relire pour en avoir la certitudeBiz et merci de faire resurgir des vieux trucs comme ça.



Bizarre ce qui me gêne dans ce livre ce n'est pas les valeurs un peu ridicules et désuètes mais le style qui est un peu désuet."


Poster un nouveau commentaire

Merci de résoudre cette difficile énigme et de saisir le résultat pour que votre commentaire soit publié. Exemple: pour 1+1, entrez 2.
Le contenu de ce champ est gardé secret et ne sera pas montré publiquement.