Vivons heureux en attendant la mort
Comme l'arrivée du Printemps se confirme : tout bourgeonne, fleurit, verdit, se dévêt petit à petit, je vous propose une bonne tranche de rigolade avec Desproges, que trop de plumitifs et d'apprentis écrivains copient, sans que jamais ils ne parviennent à la cheville de cet auteur inimitablement caustique, drôle et humain. Quel rapport avec le printemps? aucun, mais je m'en fous.
Caustique parce que personne ne trouve grâce à ses yeux, des chauffeurs de taxis aux étudiants en lettres en passant par les coiffeurs, Julio Iglesias, les chanteurs, les connards phallocrates et les connasses MLF, les charcutiers, les végétariens, les grenouilles de bénitiers et les anticléricaux... Vous fournir une liste exhaustive serait vous gâcher le plaisir de découvrir au fil du livre l'ampleur de la misanthropie de l'auteur...
Drôle, est-il besoin de la rappeler? Parce que tout ces sujets ne sont finalement que prétexte à l'ironie, au mot d'esprit, à la création d'un mot nouveau et nécessaire, au jeu de mot…
Humain, parce que nous nous reconnaissons dans ses haines et dans ses coups de gueule, mais aussi dans ses interrogations face à la mort, la maladie, Dieu…
Un seul regret : ce livre date un peu et les références politiques et people me sont un peu lointaines…
J'ai de la peine à sélectionner un extrait tant ce livre a provoqué de pouffements et de gloussements de ma part… mais comme j'ai une préférence pour sa haine particulière à l'égard de la communauté capillicole, je vous en fais profiter, pour vous mettre l'eau à la bouche :
"J'ai horreur des coiffeurs. J'ai horreur qu'on me tripote la tête par-derrière en me racontant des conneries dans le dos. J'ai horreur qu'un gominé à gourmette me chahute le cuir chevelu avec ses grosses papattes embagouzées aux ongles éclatants de vulgarité manucurale. J'ai horreur qu'un Brummell de gouttière me gerbe dans le cou le crachin postillonnant des réflexions de philosophie banlieusarde que lui inspirent sporadiquement la hausse du dollar, l'anus artificiel du pape, l'inappétence sexuelle de la fille Grimaldi, l'agonie de Saint-Étienne, le courage des Polonais, le déclin d'Annie Girardot, le fibrome de sa femme (…), la montée de violence dans les quartiers cosmopolites et l'indiscipline problématique de la raie de mon quoi? De la raie de mon crâne. (…)
Déjà, avant même d'être assis dans son fauteuil, j'avais envie de lui peigner la gueule à coups de râteau. Cependant, il virevoltait en battant des ailes au-dessus de son attirail à désherber les cons, avec cette élégance naturelle dans le geste et cette distinction innée qu'on ne rencontre plus, à vrai dire, que chez les garçons de bains entretenus et les gorilles des cabarets de cul pigalliens.
"Priscilla va vous faire un shampoing", ordonna-t-il en me désignant une autre génisse."
Tiens c'est une idée de lecture ça, des pensées délicieusement caustiques de Monsieur Desproges !Même si ses références datent, la plume incisive vaut réellement le détour.
Tu as mille fois raison, personne n'arrive aujourd'hui à la cheville du sieur Desproges. J'ai des piles entières de ses chroniques, billets, sketchs etc.. et parviens à rire à nouveau à chaque lecture... La grâce pure !
Rien à jeter chez Desproges. Le dictionnaire à l'usage de l'étlite et des bien nantis est extraordinaire (surtout les pages roses)
Notre maître à tous! Tout est génial chez Desproges! Il faut relire toute son oeuvre! Revoir ses deux spectacles : bonheur assuré!
Ca fait plaisir, et c'est de plus en plus rare, de voir des gens qui apprécient autant ce comique, le plus grinçant qui soit. Je profite de l'article donc, pour lui rendre hommage et le recommander surtout en dvd ( vive sa trogne!).................................etonnant, non?!...........................
On le vénère, et il nous pisse à la raie...à la raie de quoi on sait...qu'on se le dise, Desproges n'est pas mort! Il me l'a dit lui-même sur msn, la preuve, je le cite :"Pierre Desproges dit :Je ne suis pas mort, et je vous emmerde"Etonnant, non?Cela dit, prétendre que tous les "plumitifs" et "apprentis écrivains" l'imitent sans jamais l'égaler...cela a tout du cliché un peu ringard mademoiselle So. Desproges, excellent humoriste oui, grand écrivain, pas vraiment (relisez bien des femmes qui tombent au regard de tous ses sketchs, c'est redondant et vite ennuyeux...je ne parle pas même du style...surement ce qu'il a fait de moins bien). Voilà pour le petit bémol qui manque à beaucoup trop de critiques hystériques sur "le maitre". Il est toujours vivant, on peut quand meme lui dire merde, bordel!NB : félicitations pour votre blog (pas mieux que le précédent que je viens de visiter, mais en sale hétéro, j'assume mon plaisir extreme à lire la prose des femmes. On lit trop peu de femmes, et ce jusqu'en litté. A propos, Desproges aimait parfois la facilité...dire de Marguerite Duras "qu'elle n'a pas qu'écrit des conneries, elle en a aussi filmées", certes ca fait sourire sadiquement, mais...bref...Bonne continuation pour votre site pro-littérature mademoiselle, j'y retournerai de temps à autre, je l'espère pour votre plus grande joie!Respectueusement,Michael Flame (un ptit con de jeune auteur plumitif de 21 piges...)
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