La maîtresse de Brecht
En 1948, Bertolt Brecht revient en Allemagne, mettant fin à quinze années d'exil pour cause d'incompatibilité avec le régime en place. Mais la subversion de ses écrits et de ses idées n'ont pas échappé au Parti, qui décide d'entretenir une étroite surveillance à son encontre.
Pour ce faire, quoi de mieux qu'une pépette, dont il tomberait amoureux, et qui serait fort bien placée pour trahir ses petits secrets, ses idées inavouables, ses manies. Aussitôt dit, aussitôt fait, les services secrets enjoignent donc à Maria Eich d'intégrer la troupe de théâtre de l'écrivain et d'en profiter pour le suborner entre deux répétitions. Eu égard au passé douteux de sa famille, l'actrice autrichienne n'a pas le choix et entre alors dans la vie du maître.
Et voilà : normalement, vous êtes conquis, emballé, vous imaginez un récit à mi-chemin entre "Les aventures de Boro reporter" et James Bond… et vous avez tort.
Appâté par le mélange racoleur sexe + espionnage, vous sautez sur le bouquin en question et l'attaquez séant. Et au bout de 10 pages, vous réalisez que vous vous êtes complètement fourvoyé!
Un peu comme si vous aviez acheté des vacances à l'hôtel en Floride, USA, et qu'on vous emmène passer une semaine à l'hôtel Floride à Clermont-Ferrand…
Le livre est d'une lenteur crispante (même si la typo 18 fait tourner les pages plus vite, on est pas dupe), terne, vide ; en un mot : chiant. Il ne se passe rien… Les personnages tristes et incolores auxquels je ne suis pas parvenue à m'attacher évoluent dans un univers lugubre, gris, marron et glauque. Tout à fait l'image que j'ai de l'Allemagne de l'Est après guerre…
La vie des deux principaux intéressés s'écoule avec la fougue d'un robinet qui goutte, entre séances de natation et répétitions au théâtre. C'est incroyable comme on n'apprend rien, ni sur Brecht, ni sur son œuvre, ni même sur ses idées…
Maria tombe amoureuse d'un autre gus, mais en 15 ans, ils se seront vus 4 fois, à peine pris la main, pour ensuite se quitter à tout jamais… Au secours!!
Voici (recopiée sur Evene) la critique, de Stéphane Hoffmann pour le Figaro Madame : "Un grand roman à l'ancienne, avec rebondissements exaltés, bagarres, fuites dans la nuit, séquestrations, querelles d'amour et d'intérêt. A l'ancienne, peut-être mais avec une rapidité d'exécution époustouflante."
Il est évident que cet homme boit… ou alors il n'avait pas lu le livre et, sommé de rendre son papier, il a pondu deux lignes en se basant sur le synopsis… ou alors il a envoyé la critique de "L'île au trésor" de Stevenson…
Curieusement, ce pensum ne me fâche pas avec l'auteur, et je demande à voir autre chose, parce que le style ne m'a pas déplu. Aïe, je viens de voir qu'il est fan de Proust, et qu'il écrit pour Le Point. La lecture de son anthologie attendra un peu…
Ah ah, ça, c'est l'effet Amette. Ce gars a une bouille de sympathique, il s'exprime bien, c'est à dire, il est compréhensible et ne parait pas se la péter (comme je parle ce matin, pfff), du coup à chaque fois que je le vois ou l'entend dans quelque émission, je le feuillette à la bibli, bien décidée à le lire cette fois (il a eu un prix... je ne sais plus... il y a des années).Mais peux pas ! Chaque feuilletage me le fait reposer direct. Disons qu'il n'a pas encore écrit LE livre qui nous fera nous y intéresser...attendons !:-D"
Décidément, j'adore ton style, notamment "la fougue d'un robinet qui goutte"Pour le reste, j'ai toujours pensé qu'on ne se méfiait jamais assez d'un prix Goncourt. Je propose la création du "Prix des blogs"...."
Poster un nouveau commentaire